Comment bien réaliser les joints de carrelage ?

Close-up of a trowel and putty on a green bucket, ideal for renovation projects. Gros plan d'une truelle et d'un enduit sur un seau vert, idéal pour les projets de rénovation.

Ce que vous devez savoir sur les joints de carrelage

Les points essentiels à retenir

  • Le choix du produit (mortier classique, époxy ou silicone sanitaire) conditionne la durabilité de votre pose
  • Les joints de dilatation sont obligatoires tous les 25 à 40 m² en intérieur selon le DTU carrelage
  • Respecter 24 à 48 heures de séchage avant le jointoiement est la règle la plus importante et la plus souvent ignorée
  • Un hydrofuge appliqué 48 heures après la pose double la durée de vie des joints
  • Les moisissures sur silicone nécessitent le retrait intégral du cordon et sa répose avec un produit fongicide

Un joint carrelage qui noircit, qui s’effrite ou qui laisse passer l’humidité : voilà un problème que j’ai vu des dizaines de fois sur des chantiers. Et à chaque fois, c’est la même cause – un jointoiement bâclé, fait à la va-vite avec le mauvais produit. Le résultat ? Des moisissures, des infiltrations, et une rénovation à refaire deux ans après.

Pourtant, bien réaliser ses joints de carrelage n’est pas une opération réservée aux pros. C’est une question de méthode, de matériaux adaptés, et de bon sens. Voici tout ce qu’il faut savoir pour faire les choses correctement dès le départ.

Quel type de joint choisir pour votre carrelage ?

Comment bien réaliser les joints de carrelage

Le choix du produit de jointoiement conditionne la durabilité de toute votre pose. Il ne s’agit pas juste d’une question esthétique.

Le mortier de jointoiement classique

Le mortier de jointoiement est le produit le plus répandu. Il convient parfaitement pour les sols intérieurs secs et les murs hors zone humide. On le trouve en poudre à diluer, dans une large gamme de coloris joints.

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Sa pose est simple et son coût reste modéré. Des marques comme Weber ou Mapei proposent des références fiables, disponibles en grande surface de bricolage.

Le joint époxy : quand il faut sortir l’artillerie lourde

Le joint époxy est un produit bi-composant à base de résine. Sa résistance aux chocs, aux produits chimiques et à l’humidité est nettement supérieure au mortier classique. C’est le choix adapté pour les douches à l’italienne, les plans de travail et les locaux professionnels.

Attention : sa mise en oeuvre est plus technique. Le produit durcit rapidement et s’enlève difficilement des carreaux si on ne nettoie pas au fur et à mesure. Mapei Kerapoxy ou Litokol Starlike sont deux références sérieuses sur ce segment.

La silicone sanitaire pour les jonctions délicates

La silicone sanitaire ne remplace pas un joint de carrelage classique. Elle intervient uniquement sur les angles, les jonctions entre le mur et le sol, ou autour des équipements sanitaires. Son rôle ? Absorber les mouvements et garantir l’étanchéité salle de bain.

Utilisez une silicone fongicide pour éviter l’apparition de moisissures infiltration. Sika, GEB ou Rubson proposent des produits adaptés, souvent disponibles en blanc, gris et beige.

💡 Le DTU carrelage (DTU 52.1 pour les sols, DTU 52.2 pour les murs) précise les règles de pose et de jointoiement à respecter. Ce document de référence définit notamment l’obligation de poser des joints de dilatation tous les 25 à 40 m² en intérieur.

Comment réussir la pose de ses joints de carrelage étape par étape ?

Le bon produit ne suffit pas – encore faut-il l’appliquer correctement.

Préparer le support avant le jointoiement

Le jointoiement ne doit jamais démarrer avant que la colle du carrelage soit totalement sèche. En général, il faut attendre au minimum 24 heures, parfois 48 heures selon les produits et la température ambiante.

Retirez tous les croisillons de pose avant de commencer. Vérifiez que les joints sont propres, sans résidus de colle. Un joint bouché ou sale ne sera jamais bien rempli !

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L’application du mortier avec une spatule caoutchouc

Préparez votre mortier selon les indications du fabricant. Appliquez-le en diagonale par rapport aux joints à l’aide d’une spatule caoutchouc. Ce geste évite de creuser le joint en le remplissant.

Travaillez par zones de 1 à 2 m² maximum. Essuyez les excédents avec une éponge humide avant que le produit ne sèche. Ne laissez jamais le mortier sécher sur la surface des carreaux de faïence murale ou de grès cérame !

Sur les carreaux de grès cérame non émaillé, appliquez systématiquement un primaire de protection avant le jointoiement. Ce type de surface est poreux et absorbe les pigments du mortier, ce qui laisse des taches impossibles à éliminer à sec.

Les joints de dilatation : une étape que beaucoup oublient

Je le répète parce que c’est une erreur fréquente : les joints de dilatation sont obligatoires. Ils absorbent les mouvements thermiques du support. Sans eux, le carrelage se fissure ou se soulève.

Ces joints périphériques (en pied de mur, aux seuils de portes) doivent être comblés avec de la silicone souple, jamais avec du mortier. C’est non négociable. Si vous envisagez une rénovation de carrelage, c’est l’occasion de bien respecter cette règle fondamentale.

Comment choisir les coloris de joints ?

Réaliser des joints de carrelage parfaits

Au-delà de la technique, le choix des coloris joints influence fortement le rendu visuel final.

Un joint ton sur ton avec le carreau crée une surface uniforme et reposante. Un joint contrasté accentue le calepinage et met en valeur la géométrie de la pose. Les deux approches sont valables – c’est une question de style.

  • Joint blanc ou beige : s’accorde avec les faïences claires et les salles de bain lumineuses
  • Joint gris clair ou anthracite : idéal avec le grès cérame et les formats XXL
  • Joint coloré : réservé aux carreaux de ciment ou aux poses décoratives

Évitez le blanc immaculé dans une douche sans traitement hydrofuge. Ça tiendra deux mois avant de virer au gris sale.

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Guide professionnel des joints de carrelage

Comment protéger et entretenir ses joints dans le temps ?

Avoir de beaux joints à la pose ne sert à rien si on ne les protège pas correctement ensuite.

Appliquer un produit hydrofuge

Un hydrofuge appliqué sur les joints secs repousse l’eau et limite l’encrassement. C’est particulièrement utile dans les douches, sur les plans de travail et en extérieur. Des produits comme HG, Fila Surface Care ou Mapei Ultracare sont efficaces et faciles à appliquer.

Appliquez le hydrofuge au pinceau fin sur les joints secs, au minimum 48 heures après la pose du mortier. Un passage suffit en général. Pour des situations extrêmes comme un receveur de douche en ardoise, cette protection devient encore plus importante.

Rénover des joints abîmés

Des joints qui noircissent ou s’effritent ne se sauvent pas à coup de nettoyant. Il faut les enlever mécaniquement avec un outil à déjointer ou un couteau à joints, puis reposer du mortier frais.

Pour une rénovation revêtement sol complète, c’est souvent l’occasion de changer de coloris et de redonner un coup de jeune à toute la pièce. Un bon déjointage suivi d’un rejointoiement peut transformer une salle de bain vieillissante sans tout casser !

⚠️ Les moisissures sur les joints de silicone ne disparaissent pas au nettoyage. Une fois que le champignon a colonisé la silicone, la seule solution est de retirer intégralement le cordon et d’en reposer un neuf avec un produit fongicide. Aucun spray du commerce ne règle vraiment le problème durablement.

Quelles erreurs éviter absolument lors du jointoiement ?

La protection des joints étant vue, voici les fautes les plus courantes que je vois encore trop souvent sur le terrain.

Erreur fréquente Conséquence Bonne pratique
Jointoyer trop tôt Décollement du carrelage Attendre 24 à 48h après la pose
Oublier les joints de dilatation Fissures ou soulèvement Respecter le DTU carrelage
Utiliser du mortier sur les angles Fissurations rapides Utiliser de la silicone sanitaire
Ne pas protéger le grès cérame Taches de pigments incrustées Appliquer un primaire avant le jointoiement
Laisser sécher le mortier sur les carreaux Voile blanc impossible à effacer Essuyer au fur et à mesure

J’en ai vu, des salles de bain refaites à neuf qui ressemblaient à un chantier bâclé trois mois après. La cause numéro un ? Des joints de carrelage posés trop vite, sans respecter les temps de séchage. C’est la règle la plus simple et la plus souvent ignorée !

Retenez trois réflexes concrets : choisir le bon produit selon la zone (mortier, époxy ou silicone sanitaire), respecter les temps de séchage avant de jointoyer, et traiter les joints finis avec un hydrofuge. Ces trois gestes suffisent à doubler la durée de vie d’un joint carrelage. Sortez la spatule caoutchouc et faites-le bien dès maintenant.

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